" épitaphe de Barthélemy
 Barthélémy de Lonzée


Découverte en mars 2003, cette épitaphe est celle de Barthélemy de Lonzée, religieux prémontré de l'abbaye de Floreffe. En voici la traduction :

Frère Barthélemy de Lonzée, consacré dans l'ordre norbertin, quittant la terre
A laissé ici son corps encore jeune
Pour que son esprit, libre, s'envole plus vite vers les astres.
Lachésis,déroulant ses fils,
A fait peser sur Barthélemy de Lonzée le sombre destin.
Le 23 septembre, à l'âge de 27 ans.


Dans l'ouvrage de V. Barbier,Histoire de l'abbaye de Floreffe, tome 1, page 314, on apprend qu'il fut reçu le 14 décembre 1591 à l'âge de 21 ans et mort profès prêtre en 1598.

C'est sous forme de chronogramme que l'année de son décès nous est confirmée sur cette pierre.

En effet,cette année figure cachée, en lettres latines, aux lignes cinq et six.

Additionnées les unes aux autres, ces "lettres/chiffres" donnent l'année de sa mort :

M=1000, CCCC=400, LLL=150, VVVVVVVV=40, IIIIIIII=8, soit au total 1598
On peut dire que cette épitaphe, après plus de quatre siècles, fait parler d'elle : tous les élèves suivant les cours de grec et de latin ne manquent pas de l'analyser avec leur professeur. Voici ce que Jean Bodson nous en dit : "Il est à remarquer l'allure poétique de ce texte, écrit en vers, à la façon des poèmes antiques, et pour la forme (première lettre de chaque ligne en majuscule, mises en évidence, adjectifs éloignés des noms auxquels ils se rapportent), et pour le fond (image de "l'esprit qui s'envole vers les astres", présence de Lachésis, un personnage emprunté à la mythologie grec)..." (Bulletin des anciens et des parents du séminaire de Floreffe, février - juin 2003)

Lachésis est une des trois Parques de la littérature grecque, divinités qui présidaient à la destinée humaine, les tristes filandières (en latin, Nona, Decima, Morta) : Clotho ("filer" en grec) tient la quenouille, le fil des destinées humaines, elle file les jours et les évènements de la vie, étire le fil de la destinée.

Lachésis ("sort", "action de tirer au sort" en grec) met le fil sur le fuseau, l'enroule et tire les sorts, le déroulement de la vie dont elle mesure la durée.

Atropos ("inflexible" en grec) coupe le fil de la vie.