Les graffitis à l'Abbaye de Floreffe et Séminaire de Floreffe    
                                                                                  





Les graffitis à l'Abbaye de Floreffe et Séminaire de Floreffe :
traité de glyptologie et de graffitologie.


© « Les dessous de Floreffe » chez l'auteur.

                L’abbaye de Floreffe est un lieu de mémoire qui conserve, entre autres, les traces d’anciens potaches. Ces tracés sommaires, incisés dans la pierre, le bois, dessinés ou écrits ça et là sur tout supports, sont appelés des graffitis. Souvenirs de pièces de théâtre, témoignages d’un simple passage (parfois frauduleux), volonté de laisser une trace de soi, une marque, ils mériteraient un relevé de glyptologie et ainsi amener un sourire sur les lèvres de ceux qui ne les connaissent pas. Ces choses infimes qui disparaissent, hélas, de plus en plus vite, nous transmettent pourtant une parcelle de culture populaire ancienne, d’histoire locale, témoignages de la vie quotidienne, de l’esprit et de l’ambiance de l’époque.

Ces graffitis vont pour les plus anciens, du 13ème siècle, avec des motifs héraldiques (armoiries, écus, poèmes, citations…) jusqu’à notre époque avec des noms comme « Alan Julien année 2000 » en passant par « Jean Marie Cuvelier sonneur rhétos 1949-1950 » ou encore « Oscar Kaisin »…Un véritable voyage dans le temps.
          
On y distingue clairement un personnage barbu, fumant une pipe, et un texte entouré en face de ses yeux. Superbe dessin, intriguant car au vu de ce calumet, ce doit être ancien ? une étude s’avérait intéressante.
L’INSCRIPTION :           

WILLIAM WHELAN
FROM N.WALES
LATE of RHYL 25/12/18
Royal Welsh Fusiliers
34 Batt Machine Gun Corps

1) William Whelan

Il s’agit bien entendu du nom de l’auteur du graffiti relevé

2) From N.Wales

Il s’agit de la région d’origine de Whelan, le nord du Pays de Galles (North Wales)

3) Late of RHYL

Ce Whelan est originaire de la ville de Rhyl. Il s’agit d’un petit port et d’une station balnéaire du nord du Pays de Galles
Surprise donc, il ne s’agit donc pas d’un autochtone, il a l’air de venir de loin. Touriste égaré lors d’une visite ?

4) 25/12/18

Cela semble correspondre à une date, le 25 décembre 1918 Tiens, le jour de Noël...

 

     
5) Royal Welsh Fusiliers

Il serait donc militaire : The Royal Welch Fusiliers est le plus ancien des régiments gallois au sein de l’armée britannique. Sa particularité est de n’avoir jamais été fusionné avec un autre régiment ou d’avoir été dissous au cours de l’histoire. Ce qui caractérise ce régiment est d’avoir toujours su garder son esprit de régiment typiquement gallois. Whelan originaire de Rhyl, en est un exemple. Il n’est pas rare de trouver plusieurs générations, des frères, des cousins, des familles, servant dans le régiment. Durant la première guerre mondiale, le Royal Welsh Fusiliers comptera jusqu’à 42 bataillons. Ceux-ci combattront en France, dans les Flandres, à Gallipoli, en Palestine, en Mésopotamie et en Italie. Le premier bataillon qui était stationné à Malte rejoint l’Angleterre en septembre 1914.

Il rejoint la 22ème brigade/7ème division. Il combat à Zeebrugge le 7 octobre 1914. Il combat sur le front de l’ouest jusqu’en novembre 1917 puis est envoyé en Italie jusqu’en 1918. Le 2ème bataillon, stationné à Portland rejoint Rouen comme Line Comunication Troop le 14 août 1914. Il combat à Valencienne, au sein de la 19ème brigade le 22 août 1914. La brigade est rattachée à la 6ème division le 12 octobre 1914, à la 7ème division le 31 mai 1915, à la 2ème division le 19 août 1915, à la 33ème division le 25 novembre 1915. Le 2ème bataillon sera ensuite versé à la 115th brigade/38th division le 6 février 1918. Il terminera la guerre dans la région d’Aulnoye. En 1920, l’orthographe de « Welsh » devient « Welch » Durant la 2ème guerre mondiale, le régiment comptera jusqu’à 13 bataillons. Il combattra en Europe, à Madagascar et en Birmanie. Depuis1945, le régiment a été stationné au Japon, aux Indes Occidentales, en Malaisie, à Chypre, à Singapour, à Hong Kong, en Allemagne, aux Iles Falklands, en Irlande du Nord, en Bosnie comme bien entendu en Grande Bretagne.

6) 34 Batt Machine Gun Corps

Un régiment britannique se compose d’un nombre variable de bataillons. Ce nombre varie en fonction des circonstances, temps de paix ou de guerre. Les bataillons sont répartis au sein des divisions : une division = trois brigades et une brigade = trois bataillons plus, par division, un bataillon de support et/ou un bataillon d’armes lourdes (mortiers ou mitrailleuses). La répartition des bataillons se fait en fonction des besoins et non des régiments d’origine. Il est tout à fait habituel de trouver au sein d’une division 10 bataillons issus de 10 régiments différents. Au cours de la guerre 14-18, des bataillons, issus de régiments, ont été formés spécialement au sein du Machine Gun Corps puis versés au sein des divisions. Le 34ème bataillon du Royal Welsh Regiment est donc devenu un bataillon spécialisé au sein du Corps des Mitrailleuses (Machine Gun Corps)..